Terrain synthétique du CEPSUM
Terrain synthétique du CEPSUM
2023
Sportif



Le mandat de gbi consiste en la réfection d’un terrain synthétique existant et du drainage des eaux pluviales adjacentes au stade d’hiver situé au CEPSUM à l’Université de Montréal. Ce mandat se distingue principalement par son approche innovante et son engagement envers la durabilité, répondant ainsi aux normes les plus strictes en matière de qualité, de sécurité et d’expérience utilisateur. La refonte du terrain synthétique visait aussi à créer une surface de jeu conforme aux exigences de la norme FIFA.
Un aspect crucial du projet concerne le drainage et la rétention des eaux pluviales, conformément à la réglementation de la Ville de Montréal. Une chambre de rétention intégrée de manière discrète, agit
comme une solution innovante pour gérer les pluies diluviennes fréquentes sans nuire à l’esthétique du site. Cette mise à jour de l’infrastructure est non-négligeable puisqu’elle permet de s’adapter à des contraintes très strictes en matière de gestion des eaux, malgré la zone dense et urbaine où se trouve le terrain.
Initialement, le terrain synthétique étant considéré comme imperméable par la ville, des démarches ont été entreprises par gbi afin d’obtenir une dérogation démontrant ainsi un taux d’infiltration adéquat pour un terrain synthétique. Ces démarches ont permis de grandes économies financières au client.
Un terrain conçu pour performance et durabilité
Une des caractéristiques majeures de ce projet est le choix du revêtement synthétique.
Composé de fibres hybrides de 60 mm de hauteur, avec un matériel de remplissage en caoutchouc vert et une sous-couche de 20 millimètres, cette recommandation de l’équipe ne se limite pas seulement à des critères esthétiques, mais elle met l’accent sur la résistance, le confort, la sécurité, et la durabilité de l’ouvrage en fonction de l’usage intensif du terrain.
L’utilisation de granules de caoutchouc vert, bien que plus coûteuse, représente une solution écologique par sa composition tout en diminuant l’effet des îlots de chaleur par la réduction de 2° à 3° de la température sur le terrain. La proposition de l’équipe va encore plus loin, en intégrant une sous-couche absorbante sous le revêtement synthétique pour atténuer les chocs et impacts au sol, permettant de réduire de manière significative la gravité des blessures ou des traumatismes crâniens.
° de réduction de température
ans de durée de vie
% moins de blessures depuis l’ouverture du nouveau terrain

Complexité en chantier
Les contraintes de délais ont imposé un travail en chantier en mode hivernal, avec un agenda accéléré pour répondre aux exigences du calendrier de la saison de football des Carabins de Montréal. Tout devait être terminé pour permettre à l’équipe universitaire de jouer son premier match à domicile. Cette pression a exigé une réactivité exceptionnelle de l’équipe de gbi et des collaborateurs du projet.
La proximité des locaux sensibles, tels que la piscine et les espaces de la médecine du sport, sous les gradins, a exigé une gestion attentive du bruit et des vibrations. Des arrêts de chantier stratégiques ont été planifiés pour minimiser les perturbations pour les résidents, les étudiants et les utilisateurs des services adjacents. Ces précautions devaient en plus être intégrées dans les délais serrés du projet ayant été livré selon l’échéance prévue. L’ajout des bassins de rétention demandait aussi des travaux de dynamitage en zone urbaine, ce qui constitue une opération délicate, nécessitant une coordination précise dans un environnement urbain dense.
Gestion de l’eau pluviale
La conformité aux nouvelles réglementations de gestion des eaux pluviales à Montréal a introduit des défis supplémentaires, avec la nécessité de réaménager la rétention sur un terrain existant. Cette démarche a eu une contribution significative à la réduction du refoulement d’eau de la Ville de Montréal, impliquant une optimisation minutieuse dans le milieu urbain. Il faut aussi ajouter la découverte inattendue de conduites enfouies non répertoriées qui a engendré un temps d’arrêt, une analyse approfondie et une mise à jour dans les plans conçus par l’équipe.
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Recyclage et réutilisation des matériaux
Dans une optique de recyclage, les granules de caoutchouc et le sable du terrain synthétique existant ont été récupérés pour une utilisation future, démontrant l’engagement envers une gestion durable des ressources. De plus, les tapis composant le revêtement synthétique présent ont été recyclés pour la création de planchers de plastique grâce aux collaborateurs du projet, favorisant la circularité des matériaux.
Un projet qui se démarque
Le projet de la réfection du terrain synthétique du CEPSUM a été finaliste aux Grands Prix du génie-conseil québécois 2024 dans la catégorie Infrastructures urbaines de l’Association des firmes de génie conseil du Québec.
Ce sont des travaux qui ne paraissent pas mais qui sont énormes. Étendre la nouvelle surface, ça prend trois semaines, mais il y a eu 12 mois de préparation avant de pouvoir le faire incluant le renforcement des structures. Avec les changements climatiques, la Ville de Montréal a modifié sa réglementation. Les bassins vont retenir l’eau et vont l’écouler progressivement. Ça implique beaucoup de travaux et de coûts additionnels, mais il fallait le faire.
Manon Simard
Directrice générale du CEPSUM